Table
des matières détaillée
Chapitre suivant : Les composants
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Dans ce chapitre,
nous nous proposons de décrire les différentes familles de bouées que l'on
peut trouver sur le marché ainsi que leurs caractéristiques et performances.
C'est le modèle le plus ancien commercialisé. Il s’enfile autour du cou, par dessus la tête. La collerette peut rester à poste sans qu’on porte la bouteille, ce qui peut assurer une sécurité en cas de chute à la mer. Elle maintient la tête hors de l'eau en surface. Tout ceci en fait intrinsèquement une bouée de sécurité. Elle est peu encombrante tant sur le plongeur que dans son sac ou sur le bateau.
Son principal
inconvénient est, qu'en immersion, elle ne permet pas d'obtenir un équilibre
indifférent de position. Elle a toujours tendance à ramener le plongeur en
position verticale. (Pour le plongeur européen qui est peu lesté et donc
gonfle peu sa bouée, cela à moins d'importance que pour un américain souvent
trop lesté et dont la bouée de ce fait est toujours très gonflée) Enfin et
surtout, elle n'est plus à la mode.
Aujourd'hui les collerettes ont été détrônées par les gilets, solidaires de la bouteille. Les anglo-saxons les appellent BC pour « Buoyancy Compensator » ou "Stab" pour "Stabilizing Jacket" ce qui en français signifie respectivement "compensateur de flottabilité et gilet de stabilisation. En France on les appelle tout simplement "Gilets" car ils en ont la forme.
Leur principale caractéristique est, en théorie, de permettre un équilibre indifférent en immersion, quelle que soit la position du plongeur. La répartition des volumes de flottabilité et du lest est néanmoins importante. A ce sujet on trouve de plus en plus de gilet à flottabilité dorsale qui conviennent surtout lorsqu'on utilise des bouteilles en acier ou de gros volume.
Leur principal défaut est leur encombrement et leur poids par rapport à la collerette, que ce soit dans un sac, dans un coffre de voiture, dans un pneumatique ou en immersion.
On distingue les modèles enveloppants et les modèles réglables :
Inventé en 1973 par un américain, Alten Greenwood, on les appelle parfois "Gilets intégraux". Il s'agit en fait de trois bouées communicantes telle que la flottabilité se trouve toujours dans la partie haute et que l'équilibre soit stable quelle que soit la position du plongeur. Ils ont souvent un volume de gonflage important, sont plus solides car ils ont peu de coutures et peu d'éléments de réglages. Par contre, ils sont difficiles à fabriquer à cause de leur forme volumétrique. En moyenne, leur coût est plus élevé, bien que tout dépend des quantités fabriquées. Du fait qu'ils ne sont pas réglables, il est plus difficile d'en trouver parfaitement adapté à chaque taille. Leur avantage principal est donc de permettre un équilibre, presque indifférent, en toute position et surtout de faciliter le maintien du visage hors de l'eau en surface, d'ou la faveur que leur accordent les photographes. Les secouristes se plaignent cependant du fait qu'il est plus difficile de déséquiper une victime en surface. (Voir figure 1)

Figure 1 - Gilet enveloppant
Les gilets réglables sont plus
faciles à réaliser car ils se fabriquent à plat. Par contre ils ont des
bretelles avec des réglages et de nombreuses coutures qui supportent tout le
poids du matériel. Ils sont donc plus fragiles, du moins en théorie.

Figure 2 - Gilet réglable
Le fait qu'ils sont réglables permet aux fabricants de limiter le
nombre de tailles nécessaires. Mais c'est surtout un élément de confort qui
permet à chaque utilisateur de l'adapter parfaitement à sa morphologie. Les
bretelles et les sangles réglables sont munies de boucles déconnectables d'une
seule main du type "Thumbledge". Elles se tendent avec les pouces
en tirant sur des anneaux. Elles se relâchent en soulevant la boucle. (Voir
figure 2)
On trouve aussi deux types d'enveloppes. Soit que gonflées, elles se développent dans un seul plan soit qu'elles se développent en épousant une forme proche du buste du plongeur. Cette dernière solution est plus chère mais bien plus confortable.
Il vient d'apparaître de nouvelles bouées sur le marché.
Elles se caractérisent par l'utilisation d'un combiné fixé directement sur la partie gauche en bas de l'enveloppe et qui peut comprendre un inflateur et ou des purges centralisées pneumatiques, à câble ou hydraulique. Le principal avantage de ce type de bouée est que le gonflage en est très rapide car l'inflateur débouche directement dans l'enveloppe. En contre partie la progressivité n'est pas toujours très bonne.
Le système de purge centralisée permet de purger toutes les purges en même temps, ce qui évite au plongeur d'avoir à choisir la purge à actionner en fonction de sa position. (Tête en bas ou en haut) Néanmoins pour éviter des entrées d'eau lorsque les purges sont actionnées simultanément, il est indispensable qu'elles soient toutes munies d'un piège à eau. (Clapet de non-retour) Ce n'est pas le cas de la bouée de SEAC.
Les purges aussi bien que les inflateurs, doivent être aussi progressives que possible. Ce qui n'est pas le cas de la purge pneumatique de Marès.
La position de ce combiné
est assez pratique pour l'utilisateur. Par contre lors d'une assistance par un autre plongeur les
commandes ne lui sont pas toujours faciles à utiliser car pour lui, elles sont
inversées. D'autre part, en surface, elles sont immergées et donc plus
difficiles à voir et donc à atteindre pour la personne qui porte assistance.
L'ergonomie de ces systèmes
n'est pas encore standardisée. Nous pensons que pour éviter le défaut
ci-dessus, les commandes devraient se faire, par exemple, par des boutons ou
leviers agissants de bas en haut pour gonfler et de haut en bas pour purger. Et
non pas d'avant en arrière. Si elles étaient placées sur le devant du plongeur,
elles seraient accessibles aussi bien avec la main droite qu'avec la main
gauche et aussi bien par l'assisté que par l'assistant.
Ces
nouvelles bouées se caractérisent aussi par la disparition du tuyau annelé.
La disparition de ce tuyau
peut paraître intéressante car elle supprime un tuyau qui avait la fâcheuse
habitude de se promener hors de portée de la main du plongeur. Il a été
remplacé par un tuyau symbolique de gonflage à la bouche, avec à son entrée une
soupape de non-retour pour empêcher l'air de s'échapper. Le rôle de ce tuyau
est surtout de répondre à une exigence de la norme.
Or nous constatons à l'usage que le gonflage de la bouée par ce moyen est difficile car le diamètre de ce tuyau, d'environ 1 centimètre, est trop petit. Nous savons que pour provoquer l'ouverture d'un foramen ovale, (FOP) il faut parfois une pression de 40 millibars. Il serait donc sage que pour gonfler une bouée, la pression nécessaire soit bien inférieure à 20 millibars pendant un temps donné, par exemple 25 secondes. Ceci afin d'éviter des accidents de décompression du type médullaire.
L'argument avancé par les fabricants pour justifier ce choix est que ce tuyau n'est pas destiné à gonfler la bouée en profondeur mais en surface. Or il peut arriver que le système inflateur tombe en panne et que le plongeur soit amené à gonfler sa bouée au prix d'efforts inconsidérés. Ceci est particulièrement dangereux en remontant, voire à l'arrivée en surface.
Nous avons aussi remarqué qu'un fabricant avait réalisé ce type de bouée avec une seule purge haute or si celle-ci tombe en panne et il arrive assez fréquemment que la tirette se casse, il n'est alors plus possible de purger et en conséquence le plongeur risque de remonter à vitesse incontrôlée. De plus, le gonflage et la purge ne s'actionnent pas avec la même main ce qui, en cas d'assistance oblige le secouriste à changer de main pour les manipuler. (Cas de la bouée Scubapro) Il nous semble par ailleurs que la plupart des purges centralisées, quel que soit leur type, devraient être munies, d'une tirette de secours actionnable manuellement.
(Ces différentes particularités ne se rencontrent pas forcément simultanément sur toutes les bouées)
La figure 3 ci dessous montre
un système centralisé de purge pneumatique. Il existe aussi des commandes
par câbles et hydraulique.

Figure 3 - Purges centralisées pneumatiques
Pour résumer,
nous dirons que ces systèmes n'ont pas encore atteint leur maturité et qu'il
faut les laisser mûrir avant de se décider à les acheter. Par contre, si vous
avez l'occasion de les essayer surtout n'hésitez pas à vous faire une opinion
par vous-même et de me l'envoyer par mail.
Elles étaient destinées à l'origine à la plongée profonde ou souterraine et leur rôle essentiel était d'assurer le portage des lourdes charges nécessitées par ce type de plongée. Pour cette raison, leur flottabilité est importante jusqu'à 45 litres et se trouve déportée vers l'arrière.
L'enveloppe a la forme d'un trapèze ou parfois d'un U inversé.
Elle se trouve entièrement derrière le "back pack" et entoure la
bouteille. Elle comporte des sandows ou des sangles qui la rétractent
lorsqu'elle est purgée. Chez Dive-Rite il s'agit de sandows classiques. Chez
Omer-sub ils sont réalisés avec du cordon chirurgical. Scubapro utilise des
sangles élastiques. Cette élasticité de l'enveloppe procure plusieurs avantages
:
On entend souvent dire qu'elles ont une fâcheuse tendance, en surface, à maintenir la tête du plongeur dans l'eau. Ceci est parfaitement
vrai avec des bouteilles légères en aluminium ou des 12 litres longs en acier.
Avec des 15 litres courts tels qu'en utilisent les encadrants, cela est beaucoup
moins sensible. (A condition que le lest soit placé le plus en arrière et
le plus bas possible, réglez donc bien votre lestage)
On leur
reproche aussi leur temps de gonflage. Ceci résulte souvent de leur grand
volume ; nous rappelons que "ce qui compte, c'est surtout le gain de
flottabilité obtenu par seconde" et non pas le temps total de
gonflage. Malheureusement, comme pour les gilets, ce reproche est parfois
justifié par la mauvaise performance de l'inflateur qui ne débite pas assez,
surtout en profondeur.

Figure 4 - Wing Scubapro pour la plongée de
loisir
Je pense pour
ma part que d'ici quelques années, ce type de bouée remplacera avantageusement
le gilet surtout pour les encadrants. On trouve déjà des wings simplifiées
destinées à la plongée loisir. Leur prix devient compétitif car leur fabrication
est plus simple que celle d'un gilet. Le modèle de la figure 4 de chez Scubapro
en est un bon exemple. On peut regretter simplement que les sangles élastiques
ne soient pas amovibles car, si elles sont endommagées, elles sont difficiles
à remplacer.
Ce sont des systèmes ou la bouée est décomposée en ses différents
éléments que l'on peut acheter séparément en fonction de sa morphologie, de son
activité ou de son portefeuille. On y trouve une grande variété de plaques
dorsales, enveloppes, vessies, sangles réglables amovibles, poches, anneaux
ainsi que différents dispositifs de fixation pour le portage des bouteilles.
Elles sont souvent du type "Wings" mais ce n'est pas une obligation.
Remarques :
- Un plongeur peut posséder des enveloppes différentes qu'il changera en fonction de son activité.
- A l'origine aucun de ces modèles ne permettait au plongeur de conserver simultanément un équilibre indifférent en immersion et de lui maintenir la tête hors de l'eau, en surface. C'est pourquoi la commission européenne de normalisation a défini un modèle dit de sécurité qui assure ces deux fonctions et qui répond à la norme NF EN 12628-1999.
La société Suisse "SUBA" nous a présenté un nouveau système. Les différents types de bouées du marché pourront être équipés d'un dispositif appelé "Cruise Control", celui-ci est piloté par un ordinateur porté au poignet du plongeur.
Des électrovannes gonflent ou dégonflent la bouée suivant des programmes particuliers qui permettent de descendre à une vitesse choisie, de se stabiliser à une profondeur déterminée ou à ne pas dépasser, de remonter à la vitesse requise et d'effectuer automatiquement les paliers nécessaires. Pour chaque programme il suffit de choisir la commande correspondante. On notera tout de même qu'il existe une commande qui permet de passer en manuel...
L'idée n'est pas nouvelle puisqu'un brevet dans ce sens a été déposé à Monaco le 21 avril 1976 par L. HANEUSE et J. RIT résidants en principauté de Monaco. A ma connaissance, ce brevet n'a jamais donné lieu à une réalisation et en tout cas celle-ci n'a jamais été commercialisée. Par contre, un appareil le "AquaPilot GF" est peut être encore commercialisé en Angleterre par la société "NJP Marine Technical Services" pour la bagatelle de 1500 euros. C'est ce qu'il vous en coûtera pour plonger dans un fauteuil... Le premier était une usine à gaz et seuls les récents progrès technologiques ont permis à SUBA cette nouvelle réalisation.
Bien que de nombreuses questions se posent quand à l'intérêt et surtout la fiabilité d'un tel système, à un moment ou les évolutions du matériel de plongée en circuit ouvert semblent marquer le pas, nous devons saluer ce dernier fabricant pour cette remarquable innovation.
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Figure 5 et 6 - Gilet SUBA équipé
du Cruise Control, de son ordinateur et d'une sonde avec affichage de la
Elles
concernent surtout la vitesse de gonflage et celle de purge qui sont d'autant
plus important que le volume est grand. Même si elles répondent à la norme,
nous avons constaté de grande disparité dans ces performances. Une bonne façon
de les indiquer consisterait à donner la vitesse de gonflage et celle de purge
en Newtons de flottabilité en plus ou en moins par seconde mais ceci dépend du
système de gonflage "Direct System" qui est parfois vendu séparément.
Les fabricants indiquent parfois le temps pour remplir ou pour vider totalement
l'enveloppe, le volume total étant connu.
Avec la plupart
des gilets actuels, il est très difficile de stopper rapidement la descente
d'un plongeur en gonflant sa bouée. Sur certains modèles, il arrive même que
la perte de flottabilité due à la contraction de l'air à la descente soit
supérieure au gain de flottabilité obtenu avec l'inflateur... (Merci
à Hervé VILLALVA pour son travail sur ce sujet)
Une autre
performance, très aléatoire, est celle de la quantité maximum résiduelle de
flottabilité lorsqu'on a purgé à fond. D'après la norme, elle devrait être
inférieure à 10% de la flottabilité maximum mais ceci n'est pas satisfaisant.
Elle dépend de la coupe, des réglages mais aussi de la morphologie du plongeur
et de son entraînement. Un essai n'est pas inutile pour se faire une idée.
Nous avons
parlé plusieurs fois de l'équilibre indifférent. Il suppose que les volumes de
flottabilité sont bien placés. Le système Scubapro où l'air circule librement
ne résout pas complètement le problème. Il donne cependant plusieurs positions
stables. Il s'approche ainsi de la solution.
L'équilibre
dépend aussi du reste du matériel, suivant que l'on utilise un bloc plus ou
moins gros, long ou court. A mon avis, on a toujours intérêt à le placer aussi
bas que possible. La densité des palmes a aussi son importance étant donné le
bras de levier que constituent les jambes. Si vous utilisez un bloc de 15
litres, 230 bars, court et des palmes flottantes, je suis prêt à parier que
jambes tendues, sans palmer vous finirez par remonter les pieds en l'air. Pour
éviter cela, certains plongeurs mettent des plombs aux chevilles. C'est bien
pour l'équilibre mais pour nager cela nécessite plus d'énergie.
Il faut aussi
noter que les gilets de 10 déca Newton de flottabilité sont incapables de
ramener en surface des plongeurs équipés des bouteilles de 15 ou 18 litres dont
la flottabilité propre est très négative, même vides. (-3 à -4 kg)
Les bouées
étant soumises à une norme, on peut penser que leurs performances sont bien
connues. Il peut cependant être intéressant de savoir si celle que l'on
s'apprête à acheter est adaptée à l'ensemble du matériel que l'on utilise.
Encore une fois, essayez la
Une bouée est
caractérisée par :
Il est bon de se pencher un
peu sur le poids d'une bouée. En effet, les matériaux utilisés ont une densité
voisine de celle de l'eau. Il en résulte que le poids de la bouée influe peu
sur sa flottabilité. Par contre, la masse qu'elle représente, pour être
déplacée, nécessite une énergie que doit fournir le plongeur. Trop importante,
elle peut donc être une cause d'essoufflement. (Il existe des bouées qui font
plus de 10 kg)
Remarque importante :
Il est indispensable qu'une bouée ait au moins
deux purges hautes. Sinon, en cas de panne, le plongeur risque une remontée
incontrôlée. Voir "Les
purges" dans la page sur les composants.
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