I CHOISIR VOTRE DÉTENDEUR

 

Table des matières

Introduction

Les critères de choix

La normalisation (En cours)

Conditions d'utilisation

Le coté pratique

Durée d'utilisation

Les coûts

Livre d'or

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Introduction

Aujourd'hui, il existe plus de soixante modèles de détendeurs sur le marché. Cette page a pour but de vous aider à vous y reconnaître. Vous y trouverez des liens qui vous conduiront directement au développement des points qui vous intéressent. Les autres chapitres permettront à ceux qui le désirent d'approfondir l'ensemble de leurs connaissances sur le sujet.

Pour être commercialisé dans la communauté européenne, un détendeur doit répondre à la norme "EN250" de mai 2000. (Celle-ci s'applique non seulement au détendeur mais à l'ensemble des éléments qui constituent le scaphandre)

Un bon détendeur n'a pas besoin d'être sophistiqué sauf si cela est nécessaire pour tenir des performances au delà de la norme ou pour des raisons purement commerciales.

Les critères de choix

La fonction principale d'un détendeur est, dans des conditions données et pendant un temps donné, de fournir de l'air et uniquement de l'air en quantité suffisante quand on lui en demande et surtout de ne pas en fournir quand on ne lui en demande pas. Il y a d'autres critères à ne pas négliger comme celui de fournir de l'air pour gonfler un gilet, un parachute ou un vêtement sec.

Certains matériaux comme le titane ou l'aluminium n'aiment pas les filetages. Ils grippent facilement. Cela peut aller jusqu'à les rendre indémontables, ce qui est un handicap pour la maintenance. Des progrès se réalisent dans ce domaine mais il vaut mieux être prudent en se renseignant auprès d'autre plongeurs.

Conditions d'utilisation :

Ce sont celles, très variables, que vous pouvez rencontrer en plongée soit délibérément soit involontairement.

Eaux froides (plongées souterraines, sous glace, carrières.)

Selon la norme, un scaphandre à circuit ouvert conçu pour être utilisé dans une eau de température inférieure à 10°C doit être soumis à essai dans l'état prêt à l'emploi dans une eau douce à (4 + 0 - 2)°C à une pression de 6 bar. La plupart des détendeurs que vous trouverez dans le commerce sont donc prévus pour cette température mais ne vous faites pas d'illusions, il est toujours possible d'en provoquer le givrage.

Si vous ne choisissez pas un détendeur répondant à vos exigences, il risque de givrer et de passer en débit continu. En carrière c'est embêtant ; sous plafond c'est mortel.

Pour un premier étage, la meilleure disposition des éléments est donnée par la < Figure 24c >, malheureusement on ne la trouve que rarement. Nous vous conseillons de choisir un premier étage à membrane qui isole bien du milieu ambiant, éventuellement avec une protection supplémentaire d'origine, voir < Figure 46 >. Si vous voulez de plus amples informations sur ce sujet, reportez vous au chapitre sur le < Givrage des détendeurs >.

En théorie, un premier étage à buse mobile (piston compensé) n'est pas très bon aux basses températures car l'isolement d'avec le milieu est insuffisant. Plutôt que d'ajouter un accessoire d'isolement thermique, il vaut mieux acheter un détendeur conçu au départ pour cet usage. Cependant cette opinion n'est pas définitive car de gros progrès ont été réalisé dans ce domaine notamment par la marque Scubapro.

Nous vous conseillons aussi de choisir un raccordement  du type "DIN". En effet, l'échange thermique avec le milieu ambiant est bien meilleur qu'avec un étrier car toute la robinetterie y participe.

Pour le deuxième étage, nous vous conseillons d'acheter un corps en résine très résistante avec des ailettes métalliques de réchauffement et des éléments internes protégés contre le givre par leur disposition ou / et parce qu'ils sont recouverts d'un produit (Téflon) qui limite l'adhérence au givre, voir < Figure 47 >. Là aussi, les fabricants ont réalisés de gros progrès.

On peut simplement regretter que les informations qu'ils donnent sur ce sujet ne nous éclairent pas beaucoup sur les performances réelles de leurs détendeurs. Nous aimerions un classement ou un chiffre beaucoup plus précis qui traduirait mieux cette performance.

Courant (en mer, rivières...)

Attention, certains détendeurs sont sensibles à la pression du courant sur la membrane. Ils passent facilement en débit continu face au courant ou pour une nage rapide.

Eaux turbides ou chargées

Nous vous conseillons : de choisir un premier étage à membrane qui isole bien du milieu ambiant

Les détendeurs à buse mobile (piston compensé) n'ont pas un bon isolement avec le milieu ambiant. Là aussi, plutôt que d'ajouter un accessoire d'isolement, il vaut mieux acheter un détendeur conçu au départ pour cet usage. Les bas résilles, en tous cas, sont à proscrire.

Plongées profondes (Au delà de -50 mètres.)

La norme EN250 impose un test d'utilisation à 6 bar. Cela ne veut pas dire qu'un détendeur ne puisse pas fonctionner au delà. Par contre dans ces conditions, les performances risquent de diminuer. Ceci est en général dû aux pertes de charges dans les différentes parties du détendeur sous l'effet de l'augmentation de la masse de l'air. Il est alors recommandé d'utiliser un détendeur compensé aussi bien au premier qu'au deuxième étage, voir le chapitre sur les < Détendeurs compensés >

Mélanges ( Nitrox ou Trimix.)

Les détendeurs destinés aux mélanges, en particulier aux mélanges suroxygénés, doivent subir des nettoyages très poussés pour éliminer toute trace de corps gras. Il est donc préférable de les réserver à cet usage et en particulier de ne jamais les monter sur des bouteilles prévues pour de l'air ordinaire. Il vous faudra donc vous équiper en double. Des normes applicables en 2008 modifierons le filetage des détendeurs et des blocs de façon que l'on ne puisse mélanger le matériel Air et Nitrox. Leurs références sont "EN 144-3 et EN 13949".

L'encadrant

Si vous êtes encadrant ou moniteur cela vous impose d'avoir un matériel de qualité, récent et dans un état exemplaire. Cela nécessite plus d'entretien et vous revient forcément plus cher car il faut en changer plus souvent.

Le coté pratique

Nous vous conseillons de choisir des détendeurs classiques, sauf conditions d'utilisation particulières.

Poids, forme et encombrement

La tenue en bouche doit être la plus agréable possible. Elle l'est d'autant plus que le détendeur est plus léger et plus petit. L'utilisation de résines synthétiques a permis de réduire leur poids parfois au détriment de leur tenue au froid. En dimension, on constate que la membrane des deuxièmes étage tourne toujours autour de 50 à 60 mm de diamètre. Les détendeurs plus petits ont toujours eu une durée de vie éphémère car ils nécessitent des techniques plus complexe qui en augmentent le prix ou diminuent leur fiabilité.

Pour répondre à la norme (le débit), on remarque que la section des tuyaux MP a augmenté, ceci au détriment de la souplesse donc de la tenue en bouche. Il existe des articulations qui facilitent cette tenue mais attention ; ont-elles été testées conformément à la norme ?

La forme de l'embout et celle des déflecteurs de bulles ont aussi leur importance. Les détendeurs à membrane latérale, par exemple, facilitent les échanges d'embout.

Sorties H.P. et M.P.

Elles doivent permettre de raccorder un manomètre HP ou de fournir de l'air MP. Le premier étage d'un détendeur doit posséder au minimum une sortie pour le manomètre "Haute Pression" et 2 sorties "Moyenne Pression" : une pour le détendeur principal, une pour le gonflage du gilet. Deux autres sorties M.P. peuvent être utiles pour gonfler un vêtement sec ou pour un deuxième étage supplémentaire (Il faut cependant savoir que cette dernière disposition risque de compromettre les performances exigées par la norme) Les détendeurs ont souvent au moins 2 sorties HP et 4 sorties MP.

Capelez une bouteille équipée du détendeur de votre choix et vérifiez la répartition des différents flexibles. Éventuellement vérifiez que l'émetteur d'un ordinateur peut être monté horizontalement (sa position normale).

Étrier ou raccord DIN ?

Voir <Composants - Raccordement aux robinetteries>

Un raccord doit assurer l'étanchéité à la bouteille. On a dit beaucoup de mal de l'étrier et beaucoup de bien du raccord DIN. Il n'est donc pas inutile de faire le point.

L'étrier :

- Il présente l'inconvénient d'accrocher tous les fils qui peuvent se trouver sur son passage et de pouvoir gêner la progression du plongeur dans certains milieux difficiles (en plongée souterraine ou en épave). D'autre part la portée du joint est beaucoup plus sensible aux chocs et l'on voit de temps en temps des joints sauter spontanément.

- L'opercule est la pièce filetée que l'on monte à la sortie de la robinetterie et sur laquelle vient s'appuyer l'entrée du détendeur équipé d'un étrier. La partie filetée se trouve exposée à l'eau ambiante. Il en résulte que des dépôts de sel et de calcaire s'y forment. Ces dépôts viennent bloquer l'opercule dans son logement rendant parfois son démontage très difficile voire impossible

Le raccord DIN :

Il n'a pas ces inconvénients. Cependant, si la tête de robinetterie reçoit un choc, il est possible que vous ne puissiez plus monter votre détendeur ou enlever l'opercule. Il existe certes des bouteilles dont la robinetterie est renforcée mais elles sont rares. Conseils : mettez toujours une protection sur le filetage coté détendeur et dans le filetage coté bouteille : il existe des bouchons spéciaux prévus pour cela. Ce raccord est le préféré des plongeurs Spéléo et Tech. Ceci ne les empêche pas d'y ajouter une protection supplémentaire.

Il faut noter que la plupart des détendeurs actuels possèdent les deux possibilités et qu'il existe un raccord qui permet de passer aisément de l'un à l'autre.

Réglages :

Il existe 2 types de réglages : l'un ajuste le seuil et l'effort inspiratoire, voir < Figure 23 >, l'autre ajuste l'assistance dynamique ou effet de trompe < Figure 32a >. Beaucoup de détendeurs possèdent ces réglages destinés à optimiser leurs performances en fonction de leur utilisation. Il s'agit ici des réglages mis à la disposition du plongeur à l'aide de mollette ou autres boutons. Nous considérons qu'à partir du moment ou les performances sont garanties par le respect de la norme "EN250" il ne devrait pas être nécessaire d'utiliser des réglages. Ceux-ci peuvent masquer des insuffisances de performance dans la plage d'utilisation. D'autre part, nous défions quiconque d'ajuster au mieux ces réglages in situ, le résultat est beaucoup trop subjectif et varie d'un plongeur à l'autre.

Anti marquage :

Les détendeurs simples (non compensés) nécessitent un dispositif empêchant le marquage du siège lorsqu'il est au repos. La présence d'un tel dispositif est un gage de longévité. Ils sont cependant peu ou mal utilisés. Les détendeurs compensés remplissent automatiquement cette fonction.

Détendeur de secours.

Il devra répondre aux mêmes exigences que le détendeur principal mais il est souhaitable qu'il possède une commande permettant de le durcir pour qu'il ne passe pas en débit continu lorsqu'il n'est pas utilisé. Un bouton à deux position est suffisant pour cela. En général on le prévoit aussi avec un tuyau M.P. plus long. Par contre, ce choix implique davantage de chance de l'accrocher dans les rochers, dans le corail ou dans les épaves.

-Durée d'utilisation

C'est la durée d'une plongée répétée pendant un certain nombre de mois, voire d'années.

Durée moyenne :

Nous considérerons qu'une plongée dure en moyenne 30 minutes.

Nombre de plongées :

Moins de 25 plongées par an (plongeur occasionnel), entre 25 et 100 plongées par an (plongeur régulier), entre 100 et 500 plongées par an (plongeurs professionnels).

Durée de vie : (combien de temps comptez vous le garder ?)

La fiabilité des détendeurs est aujourd'hui telle qu'on les change pour des modèles plus récents plutôt que parce qu'ils sont hors d'usage. A part certains modèles exceptionnels comme le Poseidon "CYCLON 5000", Le Marès "MR12" ou d'autres qui font figure d'antiquité comme les "Mistral", la revente ne constitue pas un moyen de financer un nouvel achat. Un bon détendeur peut facilement durer 10 ans s'il est correctement entretenu.

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Les coûts : (Quel prix pouvez-vous mettre ?

Coûts à l'achat (En 2014, il est compris entre 150 et 600 euros)

Quand vous aurez fait le tour de la question, vous rechercherez probablement la bête rare qui répond simultanément à tous les critères ci-dessus et au prix que vous pouvez y mettre.

Notez cependant ce qui augmente le prix à l'achat :

Si vous faites des plongées dans des conditions correspondant à la norme, il n'y a pas de raison pour que vous ne vous contentiez pas d'un détendeur simple. Il vous coûtera moins cher et sera plus fiable qu'un détendeur sophistiqué.

Coût de l'entretien

La fiabilité se traduit par un "temps moyen entre pannes" qui est certainement supérieur à quelques milliers d'heures. A défaut d'entretien ce temps peut chuter dangereusement.

Bien qu'on ait l'habitude de raisonner en durée, c'est le nombre de plongées qui doit vous guider pour la périodicité de l'entretien. Bien sûr, vous devrez suivre les recommandations du fabricant.

On peut dire, sans beaucoup se tromper, qu'en dessous de 25 plongées par an, une révision tout les 3 ans est suffisante. Entre 25 et 100 plongées par an il faut une révision tout les 2 ans et au delà une révision annuelle s'impose.

Ceci doit être corrigé en fonction de différents éléments : plus un détendeur est sophistiqué plus il faut le réviser souvent. De même s'il est stocké dans de mauvaises conditions. De plus si vous avez l'habitude de plonger à l'étranger, où les réparations sont difficiles, vous aurez intérêt à le faire réviser avant chaque départ. Il en sera de même avant les plongées exceptionnelles, souterraines ou Tech.

Ne tombez cependant pas dans les excès, n'attendez pas que votre détendeur soit en panne pour le faire réviser mais ne le faites pas non plus réviser à tout bout de champ. Souvenez vous que parmi les critères de détérioration d'un détendeur, il y a aussi le nombre de fois qu'il a été démonté.

Pour les détendeurs les plus simples, la révision consiste en un nettoyage et à l'échange des pièces d'usures. Dans l'ordre, les pièces à remplacer le plus souvent sont : les joints, les clapets, les sièges et les membranes. Le prix d'une révision dépend du nombre de pièces à changer mais aussi de leur finition mécanique. Les pièces d'un détendeur compensé ou piloté sont infiniment plus précises et donc plus chères que celles d'un détendeur simple.

Coût d'immobilisation :

Si votre détendeur n'est pas un modèle courant, achetez tout de suite le kit de réparation cela vous évitera d'attendre l'arrivée hypothétique des pièces.

Si vous êtes professionnels, sachez que les immobilisations vous obligeront à acheter d'avantage de matériel pour faire face à vos besoins. Cela a un coût, choisissez donc des modèles courants, simples et par conséquent fiables.

 

Nous espérons que cette présentation des critères d'achat vous a intéressé.

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Livre d'or

Chapitre suivant < PRINCIPES DE FONCTIONNEMENT >