Coup de feu dans une robinetterie
L'utilisation
de mélanges enrichis, voire d'oxygène pur pose des problèmes de sécurité pour
l'ensemble des composants concernés et plus particulièrement des détendeurs.
La plupart des matériaux s'enflamment spontanément si simultanément
la température et la concentration en O2 sont suffisantes.
Lorsqu'on
ouvre une bouteille pour alimenter un détendeur, la pression dans la chambre
haute pression du premier étage peut passer brusquement de 1 à 200
bars. Il en résulte une augmentation de la température qui peut atteindre
plusieurs centaines de degrés.
Si
l'on a affaire à un mélange enrichi en oxygène et que dans cette chambre se
trouve la moindre trace de combustible, celui-ci risque de s'enflammer puis
d'enflammer le métal environnant. Cette inflammation va se propager jusqu'à
l'explosion du volume concerné avec projection de gaz à haute température
et de métal en fusion. C'est ce qu'on appelle un "Coup de feu".
L'augmentation
de température dépend de la variation de pression et de la vitesse à laquelle
elle s'établit.

Elles peuvent être constituées d'éléments
organiques ou métalliques. Elles peuvent avoir été introduites accidentellement
soit à la sortie de la robinetterie soit à l'entrée du détendeur.
Tous les détendeurs possèdent des joints.
Ceux-ci doivent être en matériau répondant à une norme qui impose une résistance
à l'inflammation, à la pression et à la chaleur. Ils sont réalisés en silicone,
viton ou nitrile compatibles oxygène.
Pour éviter les frottements secs, les détendeurs
sont lubrifiés avec de la graisse mais celle-ci peut aussi être introduite
par un manque de propreté lors du montage ou de la maintenance ou tout simplement
par la transpiration. Or la graisse constitue généralement un combustible
idéal.
Il existe cependant des graisses O2
qui permettent leur utilisation dans les détendeurs.
Il faut toujours utiliser la graisse recommandée
par le fabricant et surtout ne pas les mélanger. Ceci n'empêche pas
que les précautions nécessaires soient prises pour éviter les autres
causes de pollution.
Afin de faciliter le respect des directives
européennes deux normes ont été crées :
La norme NF EN 13949 concerne les scaphandres
à circuits ouverts utilisant du nitrox. (Teneur en O2 supérieure
à 22%. On notera qu'aux USA, la limite est fixée à 40%)
La norme NF EN 144-3, d'application obligatoire
depuis novembre 2008, s'applique aux raccords filetés entre les robinetteries
des bouteilles et les détendeurs. Elle en spécifie les dimensions et les tolérances.
Elle a pour but d'éviter de mélanger le matériel utilisant
des mélanges enrichis, voire de l'oxygène pur, avec celui utilisant
de l'air.
Ces raccords sont similaires au DIN mais
avec filetage ISO M26x2 6H. Comme les raccords air, un détrompage existe entre
le 200 et le 300 bars. Le marquage "Nitrox" ou "O2"
ou "Nitrox/O2" doit être apposé sur les sous-ensembles
suivants : le corps du robinet de la bouteille, le détendeur à la demande,
le ou les dispositifs de sécurité.
On notera que ceci concerne la mise sur
le marché de nouveaux matériels. Pour l'instant, les anciens raccords conformes
à la norme en vigueur au moment de leur achat sont toujours utilisables. Cependant,
il deviendra de plus en plus difficile de gonfler avec du nitrox des bouteilles
non conformes à cette norme. De même on ne pourra plus monter les nouveaux
détendeurs sur des anciennes bouteilles sans changer la robinetterie..
1.
Toujours ouvrir lentement une bouteille contenant un mélange
suroxygéné pour éviter une montée trop rapide de pression dans le premier
étage du détendeur.
2.
Protéger robinetterie et détendeur contre les contaminations.
3.
Avant de monter un détendeur, effectuer une purge de la robinetterie
vers un espace libre et vérifier la propreté de l'entrée du détendeur et de
son filtre.
4.
Maintenir la compatibilité des robinetteries et des détendeurs
avec l'utilisation d'oxygène. Pour cela, il faut périodiquement et à chaque
fois qu'ils ont pu être contaminés, les démonter complètement, procéder à
un nettoyage méticuleux pour éliminer tous les contaminants et particulièrement
les graisses. De plus, le remplacement des joints doit se faire avec des joints
compatibles et le graissage avec de la graisse compatible. Pour cela, voir
la procédure oxygène des Techniciens en Inspection Visuelle (TIV) ainsi que
les recommandations des constructeurs.
5.
Opérer dans de bonnes conditions de propreté.
6.
Faire contrôler et entretenir le matériel par un spécialiste.
7.
En cas de fuite, même légère, imposer une distance de sécurité
et si possible mettre la bouteille et le détendeur en espace libre.

Photo 1 – Coup de feu dans une robinetterie
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